mercredi 10 juin
Je ne suis pas écolo, mais...
Histoire de rester dans la veine du message précédent, j'aimerais faire partager quelques commentaires sur le même thème.
Je ne suis pas "écolo", du moins je ne me considère pas comme tel. Je n'ai jamais arrêté de prendre l'avion, j'utilise de l'énergie et de l'eau tant que j'en ai besoin, je vis dans mon confort d'aujourd'hui sans regretter une seule seconde l'époque où on s'éclairait à la bougie. Je ne crois pas à l'agriculture bio, je n'utilise pas que des produits non polluants, alors non, je ne suis pas "écolo". Et je n'ai aucune honte à le reconnaître.
Par contre, j'essaie de batailler à mon échelle contre les aberrations de notre modernité. Pourquoi mettre la climatisation à 20°C dans un bâtiment lorsqu'il fait 40°C dehors? Pourquoi laver sa voiture à grandes eaux alors que les cultures de blé se dessèchent? Pourquoi jeter des millier de tonnes de papier qui ne sont imprimés que d'un côté? Je ne refuse pas mon confort, mais j'accepte de laisser mon corps s'habituer à la chaleur et supporter de vivre avec. Je ne refuse pas mon confort mais j'empile des pulls au lieu de chauffer mon appartement à 25°C l'hiver. Je ne me refuse pas le plaisir de manger mais pourquoi consommer de la viande à chaque repas alors que je n'en ai pas besoin? J'aime avoir des fruits et légumes en toute saison, mais les fraises et les tomates "d'hiver" sont si chères et si insipides.
J'ai pas mal voyagé à travers le monde, j'ai vu beaucoup d'aspects de notre planète, des déserts de l'Australie aux forêts équatoriales de l'Ouganda, de la savane Ethiopienne aux lacs gelés du Québec, de l'océan Pacifique aux montagnes de l'Indochine. J'ai vu beaucoup d'aberrations créées par l'Homme et que je ne comprends pas. Mais j'ai vu aussi que la planète sait se défendre. Je sais que des mécanismes d'équilibre existent et que la terre peut se régénérer. Je sais aussi qu'elle finira par trouver la façon de survivre à toutes nos aberrations. La question est: sommes-nous prêt à en payer le prix? Car oui, tout à un prix dans ce monde, c'est une question d'équilibre. Aujourd'hui, nous exploitons et détruisons à outrance. Et nous n'entrevoyons que partiellement la facture que la planète va finalement nous faire payer. Le prix à payer, nous le savons, sera une augmentation des catastrophes naturelles, la restriction de nos ressources, et la dégradation de notre confort de vie. Jusqu'où cela ira-t-il? Nous n'en savons rien. Nous ne savons pas combien d'entre nous devront mourir pour rétablir l'équilibre, ni comment s'en sortiront ceux qui resteront.
Tout ça pour dire que je crois qu'il est trop tard pour faire marche arrière. L'humanité toute entière n'acceptera jamais de renoncer au confort qu'elle a durement acquis, malgré ce que cela lui coûtera. Mais peut-être, je dis bien peut-être, que ce n'est pas la peine d'exagérer. Il y a une marge immense entre vivre uniquement avec ce dont nous avons besoin et ne rien se refuser. Peut-être que si chacun trouvait le juste milieu entre les deux, la facture que la terre nous prépare serait un peu moins salée...
Commentaires
Une vision que de plus en plus de monde partage il me semble, compte tenu des résultats des élections européennes.
Reste à savoir si pour certain ce n'est pas qu'un alibi.
très beau texte Nelly. Et ayant aussi pas mal voyagé, je me retrouve beaucoup dans tes idées - des idées et des réalités, d'ailleurs, qui déchirent le coeur lorsque l'on en prend conscience. L'éducation des hommes me paraît assez difficile, et je le vois en Lituanie où l'environnement n'est vraiment pas une préoccupation principale.....reste de l'époque communiste et difficulté à changer les mentalités, à avancer dans une autre direction.
au plaisir de te lire
Merci pour ton commentaire Mag, ça me fait plaisir d'avoir de tes nouvelles!


















