samedi 09 mai
Angkor ... et toujours
Oui, il m'a fallu quelques jours de réflexion pour enfin me trouver prête et disponible pour vous parler d'Angkor. Il y a des noms comme ça qui font rêver. Des lieux à la magie si puissante que seule la sonorité de leur nom fait flamber l'imaginaire. Angkor est de ceux-là. Mais comme tous les lieux qu'on a rêvés, on ne sait jamais si la réalité sera à la hauteur de ce que notre imagination avait créé. Eh bien Angkor ne m'a pas déçue! Angkor possède toujours l'immensité et la beauté qui a fait de ce site une des merveilles du monde.
Donc pour revenir au fil de notre histoire, Vincent, Céline, Pierre-Emmanuel et moi-même avons quitté Phnom Penh le mercredi midi en bus. Nous avons voyagé avec les "Mekong Express Limousines" rien que ça! Alors ne vous y trompez pas, il s'agit seulement de bus climatisés! Le voyage est long jusqu'à Siem Reap: 6h, le temps de s'ennuyer et de saturer de la musique "karaoké" cambodgienne qui passe à la télé! Le plus dur fût finalement la pause car après 15 minutes pour se dégourdir les jambes, nous sommes remontés dans un bus brûlant qui a refusé de redémarrer! Plus de batterie... Il a fallu nous brancher sur un autre bus avec des câbles trop courts, bref... nous sommes repartis après 40 minutes de chaleur intense.
A Siem Reap, j'avais réservé, sur conseils, un charmant petit hôtel (Ombrelles & Kimono pour les intéressés), où la propriétaire française m'avait fait une offre très intéressante après avoir lu mon blog! Dés notre arrivée, nous n'avons pas été déçus! L'hôtel a été aménagé dans une jolie maison avec piscine au centre et décoré avec beaucoup de goût. Nous avons notamment apprécié le sens du détail qui était mis dans le décor. En plus, comme nous étions les seuls clients, nous nous sommes vraiment sentis comme chez nous! N'étant pas habitués aux hôtels si haut de gamme, nous étions aux anges! Après nos 6h de bus, la piscine fût très bienvenue. Puis nous avons retrouvé de nouvelles connaissances: Ronan et Hanne, des amis de mon colloc Edouard, pour un dîner Khmer au bord du canal.
Le lendemain matin, c'est le grand jour: nous allons voir Angkor! Je dois l'avouer, l'idée de me rendre sur ce site mythique me titillait depuis le début du séjour. Deux tuk-tuk pour nous emmener, nos pass avec photos achetés, nous sommes partis pour Angkor Wat, le temple immense, le plus connu, à l'entrée de la cité d'Angkor... Le lieu est immense, rempli de touristes mais pétri de mystère et de grandeur. La jungle ne lui a pas tout pris et les Khmer Rouges non plus. La visite s'est faite sous une chaleur étouffante mais nous avons bien observé les différents recoins de ce chef-d'oeuvre! En atteignant l'enceinte extérieure, derrière, nous avons même eu le spectacle d'une bande de singes pas du tout effrayés par tous ces touristes!
Nous avons ensuite poursuivi par Angkor Thom, le coeur de la cité avec le Bayon, le Baphuon, la terrasse des éléphants et celle du roi lépreux. Si ce côté là est moins bien conservé qu'Angkor Wat, il n'en est pas moins impressionnant. L'immensité de ce lieu rappelle celle de l'empire Khmer. C'est d'ailleurs assez déchirant de constater ces richesses anciennes et la grandeur d'un empire disparu dans un pays que la misère et la guerre ont laissé exsangue.
Notre visite a été notamment ponctuée par une menace grandissante d'orage qui ne s'est finalement concrétisée qu'une fois que nous étions revenus sur les tuk-tuk. Ceci dit, le vent d'orage a bien failli provoquer un accident: sans le hurlement bienvenu d'un gamin Khmer, je me prenais une grosse branche sur la tête. Rien de dramatique mais j'aurais eu très mal!
Après cette visite, obligatoire vu que ce sont les lieux les plus connus de tous le site d'Angkor, nous nous sommes rendus à Ta Phrom. Ce temple est tout aussi connu que les précédents mais pas pour les mêmes raisons... Ta Phrom est le temple d'Angkor pour lequel les conservateurs ont choisi de laisser faire la nature. Livré à la jungle, Ta Phrom est un lieu magique et mystérieux qui semble tout droit sorti d'un Indiana Jones. J'ai éprouvé un sentiment mitigé et très contradictoire en visitant ce temple. D'un côté, Ta Phrom est sans doute celui qui m'a le plus plu, il est le symbole même d'Angkor tel qu'on l'imagine, les pierres et la jungle ne formant plus qu'un ensemble intimement lié. Mais d'un autre côté, mon coeur ne peut s'empêcher de se serrer en se disant que la jungle finira par le dévorer entièrement et qu'il n'en restera peut être plus rien un jour... Si les premiers temples peuvent impressionner par la puissance du désir des hommes de bâtir, Ta phrom rappelle que quelque soit notre folie des grandeurs, la nature possède toujours plus fort... A Ta Phrom, des pans entiers de mur sont lentement mais sûrement avalés par les racines des fromagers et des ficus qui s'étendent dans chaque fissure... tentaculaires et sans pitié... Par endroit, les racines elles-mêmes deviennent pierres et se fondent avec le reste du temple.
Le lendemain, nos Tuk-tuk nous ont emmenés un peu plus loin à Kbal Spean, la rivière au milles lingas. Ce fût une belle et reposante ballade au milieu d'une forêt impressionnante peuplée de papillons multicolores. Le tout pour atteindre la rivière dans le lit de laquelle on trouve de nombreuses gravures sacrées. Nous avons terminé la visite au centre de préservation de la faune qui garde en son seing de nombreuses espèces d'oiseaux, singes, primates, rongeurs, serpents, etc... Intéressant et instructif. J'étais néanmoins déçue de ce choix. Nous avions fait 2h de Tuk-Tuk et si la ballade était jolie et sympathique, j'ai eu la sensation désagréable d'avoir perdu une demi-journée de mon aventure Angkorienne. J'aurai largement préféré voir un autre temple. Fort heureusement, celui que nous avons vu en fin de journée rattrapait bien ce manquement...
Sur le retour, nous avons de nouveau eu notre petite aventure des transports: la roue d'un des tuk-tuk a explosé, laissant un trou béant dans le pneu! Ni une ni deux, ça a été réparé à toute vitesse dans un petit garage qui avait pour attraction un étrange oiseau capable d'imiter à la perfection la sonnerie du téléphone!
Nous avons ensuite atteint le temple Bentey Srei, aussi appelé la Citadelle des femmes. Et celui-ci est un véritable bijou! Le Bentey Srei est construit de grès rose qui prend une couleur surnaturelle avec la lumière de fin de journée. Il est entièrement sculpté avec une finesse impressionnante. Les colonnes et les linteaux de porte semblent taillés dans la dentelle et sont admirablement conservés. Une vraie merveille.
Finalement, j'ai aussi réussi à convaincre au moins une partie de mes acolytes pour un réveil à l'aurore le samedi matin afin d'aller observer le levé du soleil sur Angkor Wat. Nous avons donc quitté l'hôtel à 4h30 pour arriver encore dans l'obscurité devant la grande allée qui traverse les douves. Les premiers rayons du soleil, un peu timides, n'ont pas donné grand chose sur les photos mais peu à peu, la vue est devenue digne d'une carte postale.
Nous étions loin d'être seuls pour la photo mythique et le petit tour que nous avons fait vers l'intérieur du temple, loin de la foule possédait à lui seul bien plus de charme que le reste. J'ai longuement apprécié les jeux de la lumière de l'aube et le silence du matin entre les tours d'Anglor Wat. Nous avons quand même fait comme tout le monde, nous avons pris des dizaines de photos de cette vue splendide. L'Aurore donne toujours une dimension encore plus merveilleuse aux chefs d'oeuvre des hommes comme à ceux de la nature. Ce matin là, le soleil a aussi salué la naissance d'un petit veau au coeur du parc d'Angkor Wat. La vie continue...
C'est finalement les yeux pétillants et le coeur un peu serré que je suis repartie vers PhnomPenh vers midi. La semaine au Cambodge touchait à sa fin et je suis revenue à Hanoi le dimanche, des rêves pleins la tête.


















