samedi 13 septembre
Maroc ou l'Afrique en pulsations
Il y a bien longtemps que je souhaitais reparler de mon voyage au Maroc. Je suppose que je n'ai jamais pris le temps d'être inspirée pour le faire!
Aujourd'hui on est samedi, je suis seule à Moc Chau, je n'ai pas grand chose à faire (enfin si mais là j'ai vraiment pas envie de travailler!) alors je vais me chercher un peu d'inspiration, m'assouplir les phalanges et c'est parti!
Pour ressituer l'histoire, je suis allée au Maroc en 2003, Lors de ma 3e année d'étude à Purpan, en voyage d'étude. On est donc partis à quarante avec deux profs (pour les pupannais: Aline Dumont et Hervé Brustel, un duo de Choc!) et un chauffeur de bus haut en couleur! Bon du Maroc, je n'ai pas tout retenu: les jeux pour mettre l'ambiance (killer, protecteur, etc...), la chouille dans le bus (ça j'ai une vidéo...), les arrêts brusques pour les malades, les oliviers, les merveilleux tajines, les 40 de fièvre une nuit à Marrakech, les appels à la prière, les épices, les photos stupides, etc.
Bref, un voyage d'étude quoi! En vérité, ce n'est pas vraiment du Maroc que je veux vous parler. Le Maroc en lui même, c'était bien trop court pour que je puisse disserter sur le pays lui-même. En fait, le Maroc a réveillé quelque chose en moi. Et ça, je m'en souviens très bien.
Ce voyage au Maroc, c'était mon premier retour sur la terre d'Afrique depuis mon enfance. Mon dernier passage par le continent Africain remontait à mon voyage au Sénégal en ... 94? 95? Je sais plus... J'étais en 5e. L'Afrique était ensuite doucement sortie de ma vie, endormie comme un vieux souvenir, d'un autre temps, d'une autre vie. Depuis, j'avais été adolescente, j'avais grandi, j'avais changé, j'avais aimé, détesté, j'avais voyagé ailleurs. J'étais quelqu'un d'autre quand je suis partie au Maroc.
Le Maroc, ce n'est pas encore tout à fait l'Afrique, c'est le Maghreb, c'est le monde Arabe, c'est différent de l'Afrique Noire. Et pourtant... Ce n'est pas si loin que ça. Mes premiers pas dans le souk de Tanger en arrivant m'ont fait une impression d'ivresse terrifiante. Les couleurs, les odeurs, les sons... D'un coup, j'ai eu la sensation bizarre d'être submergée par une vague de souvenirs profondément enfouis. Honnêtement, j'avais la tête qui tournait, mes yeux cherchaient bêtement des lieux qu'ils auraient pu reconnaître. L'impression de se réveiller d'un long sommeil. J'avais le vertige de l'Afrique, comme si toute ma vie était revenue me frapper de plein fouet.
Les premières émotions passées, j'ai ensuite poursuivi mon voyage en essayant de vivre le Maroc pour le Maroc et non pour ce qu'il avait réveillé en moi. Mais à mon retour, j'ai su que cette chose ne s'était pas rendormie. Le Maroc avait réveillé l'Afrique en moi. Après ça, je la sentais tout le temps, en pulsations sourdes et lentes, comme un écho à mon propre coeur. A partir de ce moment là, j'ai été prise d'une envie dévorante de retourner en Afrique. Replonger dans la terre qui me faisait vibrer au plus profond de moi-même. J'ai patienté. J'ai attendu 1 an encore avant de partir pour l'Ouganda. Pendant 1 an, je portais dans ma poitrine les pulsations puissantes de la part d'Afrique qui vit en moi. C'est étrange de l'écrire de cette façon, mais c'est vraiment ainsi que je l'ai ressenti.
J'ai compris que je portais en moi bien plus que de simples souvenirs. J'ai compris que le lien que j'ai avec l'Afrique est affectif et fort. Il n'a pas de limite. Ce n'est pas l'Ethiopie, enfin si c'est l'Ethiopie bien sûr mais pas seulement. Ce que je ressens ne s'arrête pas aux frontières de l'Ethiopie. Je porte l'Afrique dans mon coeur et dans mes entrailles si je ne la porte pas dans mon sang.
6 mois en Ouganda ont apaisé la faim que j'avais de l'Afrique, le désir profond d'y revenir avec mes yeux de jeune adulte. Depuis, les pulsations ne sont plus si fortes, l'Afrique est loin maintenant. Mais je sais qu'elle est là. Je sais qu'elle bat au rythme de mon coeur, à l'unisson. Elle est et restera en moi. Mon besoin de retourner en Afrique ne sera jamais totalement comblé. Je crois que j'aurais toujours besoin d'espérer y retourner. La vie m'en a éloignée et c'est sans regret car j'aime le Vietnam, j'aime y vivre. Mais l'Asie ne sera jamais en moi comme l'Afrique peut y rester. L'Asie ne fera jamais partie de moi aussi intimement.
Parfois, quand j'ai un petit coup de blues, je ferme les yeux et j'écoute les pulsations de l'Afrique et je suis transportée, mes sens sont envahis par les odeurs des épices, le soleil de plomb, les voix, la musique, la puissance, la grandeur, la magie... Je me laisse envahir par elle, jusqu'à ce que, saoûlée et brûlée par la force de mes souvenirs, je puisse dormir l'esprit en paix.
vendredi 05 septembre
Bangkok
Le saviez-vous, le 2 septembre est la fête nationale du Vietnam… Bon il n’y a pas grand-chose à voir mais bon, c’est un jour férié ici ! Donc non je ne vais pas vous parler du 2 septembre mais du week end prolongé que cette date m’a accordé. Parce que, avec 4 jours, nous en avons profité pour partir à Bangkok, capitale de la Thaïlande voisine et accessoirement ville de débauche J
Bon je vais pas détailler tout le week end mais je pense que nous avons vu plusieurs des multiples visages de Bangkok et c’était … instructif ! Nous avons fais escale dans un de ces endroits glauques ou le spectacle est sensé être excitant pour les hommes (je précise…) mais visiblement, les quelques uns qui étaient avec nous n’y étaient pas très sensibles !
La journée, ce fût visites touristiques et shopping, histoire de faire le plein de jolies choses pas très cher ! Ce fût d’ailleurs assez productif de ce côté-là !
Le second soir, le spectacle était un peu plus intéressant puisque nous avons profité d’un cabaret Thaï : chant et danse avec un petit pourcentage non négligeable de chanteuses qui portaient des collants… (pour ceux qui ne devinent pas, on s’est aperçu que c’était un assez bon indicateur pour repérer les « fausses » filles !). La suite, ce fût un petit tour en boîte fort sympathique (ça faisait une éternité que j’avais pas mis les pieds en boîte…).
Enfin le dernier soir, nous nous sommes laissées (Caroline et moi) convaincre pour aller assister aux matchs de boxe Thaï par les garçons… Et, à ma grande surprise, j’ai bien aimé ! Au final c’est très respectueux malgré la violence des coups et j’ai trouvé que les boxeurs avaient une certaine élégance par rapport à la boxe française (dont je n’apprécie pas du tout le spectacle…).
Enfin voilà, je ne suis pas certaine d’avoir vraiment découvert quoi que ce soit de la Thaïlande mais j’avoue que profiter d’une ville et de compagnie m’a fait du bien !! Un petit moment de pause et de changement histoire de repartir du bon pied !
Bon, la prochaine fois, j’essaierai de faire un peu plus de tourisme et de vous raconter à quoi ressemble la Thaïlande ! ;)
dimanche 24 août
Agricultures du Monde - suite
Bon j'ai finalement pris le temps de fouiller un peu dans mes CD de photos et je vous ai mis plein d'images d'agricultures diverses et variées! histoire de compléter la première série...
J'essaierai d'en ajouter régulièrement pour multiplier la variété de ce qu'il y a à voir...
En attendant, je vais déjà commenter les photos, ça serait pas mal, non?
vendredi 18 juillet
Tatouage
Eh oui! Qui l'eut crut, me voilà tatouée... Alors non ça ne m'a pas pris comme ça, ce n'est pas un coup de tête contrairement à ce que beaucoup pourraient croire... ça fait bien longtemps que je pense vaguement à un tatouage... Sauf que je n'avais jamais eu d'idée précise du motif que je voulais. Et puis ça m'est venu d'un coup: une silhouette de félin! A partir de là, c'est allé très vite, le motif est simple, je la veux douce et un peu stylisée, pas de couleurs. En trois visites, le tatoueur m'a trouvé le design que je voulais.
C'est ainsi qu'hier après-midi, je me suis retrouvée, entre deux rendez-vous professionnels, agenouillée sur un tabouret qui ressemble à un engin de torture, avec un vietnamien fort charmant concentré sur le bas de mon dos. Vingt minutes. J'étais un peu stressée, j'ai essayé de me détendre, et c'est passé, c'était pas si douloureux en fait. Je n'ai même pas saigné. le bout de la patte avant et la ligne épaisse de la nuque m'ont fait crisper un peu le poing mais rien d'insupportable.
Et voilà, j'ai maintenant une petite panthère tapie sur le rein droit! Je lui cherche un nom, puisqu'elle sera ma compagne de voyage pendant pas mal d'années maintenant! J'ai pensé à Valentine, en honneur à la peinture! Mais je vais y réfléchir...
dimanche 06 juillet
Agricultures du Monde
Maintenant que je vous ai bien parlé d'agriculture, je vous met quelques images diverses et variées des agricultures du Monde, telles que j'ai pu les voir où bien en entendre parler...
Pour information, j'ai mis quelques images du Kazakhstan... Je n'y suis jamais allée! Alors ces photos me viennent de mon amie Kazak Gaukhar qui a fait sa thèse en France sur les propriétés des laits de chamelle (lait et lait fermenté - Shubat) et de jument (lait et lait fermenté - Koumis). J'ai travaillé quelques temps avec elle et fait un travail d'analyse bactériologique sur ses échantillons. Voilà pourquoi je me suis retrouvée avec plein de photos du Kazakhstan sur mon ordinateur!
D'ailleurs, si certains d'entre vous ont des photos agricoles sympas qu'ils souhaitent me faire passer, je suis preneuse, avec nom du photographe et commentaires bien entendu!
Sinon, je vous ajoute aussi le lien vers le site Agriculture je t'aime sur lequel vous trouverez plein d'infos et de photos de notre agriculture française et européenne. C'est un site non spécialisé, destiné à faire voir l'agriculture autrement aux publics non professionnels. Il y a de très belles images dans les lauréats du concours photo.
Agriculture et société
Pour continuer dans la même veine, j’aimerai vous parler encore un peu de l’agriculture. On choisi souvent l’agriculture pour décrire un paysage ou un pays. Il n’y a pas besoin d’être spécialiste pour cela. L’agriculture décrit généralement bien ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas. Il s’agit d’un excellent indicateur du fonctionnement des sociétés. L’agriculture et tout ce qui s’y rattache est inexorablement liée aux sociétés humaines.
D’abord parce que cultiver des plantes et élever des animaux sont des activités humaines uniquement. Mais aussi et surtout parce qu’autour de l’agriculture gravitent des concepts et des perceptions qui touchent à la structure même de la société : la suffisance en nourriture, l’accès à la terre, la maîtrise du territoire, le contrôle des éléments aléatoires de la nature, la valeur de ce qu’on a dans notre assiette et tout les aspects culturels que sont les superstitions, les génies, les dieux, le sort…
Les modes de culture et d’élevage ont structuré les sociétés rurales et traditionnelles, leur mode de vie, leur habitat, leurs traditions sont intimement liées à leurs pratiques agricoles. Aujourd’hui, nos villes nous ont éloignés de tout cela mais les anthropologues et sociologues trouvent généralement des traces d’anciens « comportements agricoles » dans nos habitudes et nos croyances.
Dans le post précédent, j’ai parlé de l’agriculture pour notre avenir, du besoin que nous avons d’elle. Ici, je parle de la façon dont l’agriculture a modelé notre histoire et nos sociétés. La première grande révolution humaine fût la création de l’agriculture et avec elle, la sédentarisation. Aujourd’hui, est ce que cela a vraiment changé ? Bien sûr, l’agriculture ne rythme en aucun cas la vie des urbains, mais elle fait tout de même partie de leur vie quotidienne, des traditions, des rites, du langage. Savez-vous par exemple pourquoi il existe de nombreuses fêtes religieuses et païennes en hiver ? Parce que c’est une période de creux dans le rythme de travail agricole…
Enfin voilà, c’est pour cela, parce que l’agriculture fait partie de notre passé, de notre présent et de notre avenir que j’avais envie de vous en parler, de vous faire découvrir, à travers elle, ce que le monde recèle…
samedi 14 juin
Agriculture d'avenir
Me voilà enfin décidée à vous faire partager un des sujets qui contribue à faire de ma vie ce qu’elle est : l’agriculture. Eh oui, l’agriculture c’est mon métier, c’est aussi celui de beaucoup de gens sur cette planète. L’agriculture était là hier, et sera toujours là demain. L’agriculture est toujours un sujet d’avenir car elle sera toujours nécessaire à la vie humaine. Aujourd’hui, les grands groupes agro-alimentaires sont des super puissances économiques au niveau mondial. Leur pouvoir de pression sur les sociétés est immense mais que deviendraient-ils si nous arrêtions de produire ? Que deviendraient-ils si la terre, finalement, refusait de donner ? Que deviendrait Danone si du jour au lendemain toutes les vaches laitières se mettaient en grève ?
Non bien entendu ce n’est qu’une image. Mais tout ça ne vise qu’à dire une chose : ne sous estimez pas l’importance du secteur agricole.
Je me souviens de cette conversation un jour avec quelqu’un sur un chat :
« Qu’est ce que tu fais dans la vie ?
- Je suis ingénieur agricole.
- Ça existe ça ? Et ça sert à quoi ?
- A travailler avec les agriculteurs, les conseiller, leur proposer des améliorations, élaborer des techniques et des produits en liens avec l’agriculture, etc…
- Ah bon, je pensais qu’il n’y avait presque plus d’agriculture
- Le steak dans ton assiette, tu crois que c’est Carrefour qui le fabrique ? »
Bref tout ça pour dire que oui l’agriculture existe encore et oui elle est importante et non ce n’est pas un truc dépassé qui tend à disparaître ! Bien au contraire ! A l’heure de la crise alimentaire mondiale qui s’amplifie, ce serait bien dramatique que l’agriculture disparaisse !
Bien entendu, je donne un peu la sensation de prêcher pour ma propre chapelle. Ce n’est pas tout à fait faux. Néanmoins je ne pense pas en rajouter. L’agriculture fait partie, avec l’énergie et l’environnement (trois thèmes qui sont intimement liés d’ailleurs), des grands défis de l’humanité actuelle.
De ma courte vie d’ingénieur, j’ai rencontré trois types de public dans les « non agricoles » : ceux qui s’intéressent à la question, se documentent et sont à peu près au courant des actualités dans les grandes lignes ; ceux qui croient que le terme « agriculture » sort tout droit du moyen âge, que c’est Tetra-Pak qui produit le lait qu’ils boivent et que les dits « agriculteurs » sont des gens qui ont une poule et un cochon qui gambadent dans leur jardin pour faire joli ; et enfin ceux qui se documentent un peu mais pas trop et qui ne visualisent de l’agriculture que des abattoirs, des batteries à n’en plus finir, des animaux surexploités et des sols exténués. C’est sans doute un peu caricatural, la plupart des gens se situent à des nuances différentes de ces trois catégories mais disons que ce sont les grandes lignes de pensées de ce qu’on appelle « le grand public ».
Bien sûr l’agriculture d’aujourd’hui connaît ses abus et ses aberrations, l’homme est allé bien trop loin dans l’exploitation à outrance de la nature. Mais est-ce le cas que de l’agriculture ? Dans tous les domaines, nous sommes allés trop loin. Mais peut-on reculer ? Eh bien non, je ne crois pas. On ne peut plus retourner à une agriculture d’origine, ni à des activités totalement saines pour l’environnement, à moins de tuer au moins la moitié de l’humanité. Nous sommes bien trop nombreux pour ce que la terre peut produire d’elle-même. Nous avons bien trop détruit pour que les équilibres qui existaient il y a quelques milliers d’années se reconstruisent. Aujourd’hui, nous sommes confrontés au problème suivant : avancer différemment, intelligemment, mais avancer quand même. Restituer, recycler, renouveler mais tout en continuant à produire, consommer, modifier. Ce ne sera sans doute pas une mince affaire que de résoudre ce dilemme là. Cela prendra sans doute les quelques centaines d’années qu’il nous reste mais je crois que chaque pas de fourmi fait avancer un peu la machine.
Eh oui, je suis résolument optimiste !
News
Eh non je ne suis toujours pas très régulière sur ce blog là… Mais voyez-vous le temps, et l’inspiration aussi parfois, me manque pour faire tout ce que je voudrais faire…
Enfin voici quelques nouveautés, quelques messages du Monde dans lequel je vis.
dimanche 11 mai
Essai
ça n'a pas beaucoup d'intérêt mais je trouve ça marrant... Alors j'essaie!
mardi 29 avril
Aimer
Voici un texte que j'ai écris il y a peu de temps... Dans un moment d'inspiration soudaine! Aimer devrait être plus simple. Pour moi aimer n’a pas de prix, pas de conditions, pas de mérite. J’aime ou je n’aime pas mais je n’aime pas à moitié. Aimer à mes yeux c’est comme offrir un cadeau spontané à quelqu’un : on choisi de l’offrir, on choisi ce qu’on offre et on l’offre simplement parce que ça nous fait plaisir. La valeur réelle du cadeau n’a généralement pas de rapport avec le prix qu’on l’a payé et le plaisir qu’on a à l’offrir est parfois plus grand que le plaisir de celui qui le reçoit. Un tel cadeau, on l’offre sans raison particulière. Simplement pare qu’à ce moment là, on l’a vu dans une vitrine et on s’est dit qu’il ferait plaisir à l’autre, alors on le lui offre, juste pour voir ses yeux pétiller. J’aime de cette façon. J’aime une personne parce que je sens que j’ai quelque chose à lui offrir et que ça lui plaira. J’aime pour aimer, pas pour ne pas être seule ou pour m’assurer un avenir. J’aime parce que c’est comme ça. Je ne sais ni pourquoi ça arrive ni pourquoi ça dure. Mais rien ne me rend plus amoureuse que le regard heureux de l’autre. Sauf que l’amour, comme le cadeau, on ne le reprend pas le jour où l’autre n’en veut plus. Ce qu’on a offert on ne peut le reprendre et l’autre le gardera toujours. On peut simplement rassembler son énergie, son cœur et son envie de donner pour offrir à quelqu’un d’autre. Mais on n’offrira jamais deux fois le même cadeau, il sera toujours un peu différent. Alors aimer devrait être simple. Comme donner devrait être simple. Aimer et offrir sans jamais demander ni pourquoi ni à quel prix ni si on le mérite. Aimer se conjugue à tous les temps mais il n’existe qu’au présent. Personne ne sait s’il aimera encore demain et dire qu’on a aimé a un caractère trop définitif : ce qu’on a aimé, on lui laisse sa part d’amour, on ne lui enlève jamais complètement. Quand a dire qu’on aimerait c’est un non sens puisque aimer ne devrait jamais avoir de condition ! Donc on aime un point c’est tout. On aime maintenant, dans l’instant, et on espère aimer encore demain. Ou plutôt on espère que l’autre acceptera encore qu’on lui offre de l’aimer. J’aime comme ça. Sans prix, sans conditions, sans partage. J’aime entièrement. Et je ne peux jamais reprendre l’amour ou l’amitié que j’ai offert à quelqu’un, quelque soit la raison qui pourrait m’y pousser. Je peux diminuer sa valeur à mes yeux, rendre le cadeau minime, mais je ne peux jamais le reprendre. Voilà sans doute pourquoi je ne parviens jamais à détester quelqu’un que j’ai aimé et pourquoi je pardonne toujours à ceux que j’ai aimé. Parce qu’au fond, je les aime toujours… Sans doute cela me fait paraître facile à tromper, je pardonne toujours. Mais ça me rend surtout pus forte et bien moins seule : essayez de détester quelqu’un qui vous pardonne ! Essayez même de blesser durablement quelqu’un qui arrive à pardonner à ceux qui lui font mal. Et tout l’amour que j’ai pu donner sans jamais le reprendre, j’en porte la trace au fond de moi comme autant d’étincelles de bonheur qui me soutiennent et m’animent.














