mercredi 04 novembre
Moments de doute
Par moment, je me demande si tout ça a bien un sens. Après tout, partir à l'autre bout du monde et se tenir éloigner pendant longtemps de ses amis et de sa famille n'est pas une chose facile et c'est loin d'être tous les jours une joie. Par moments, je doute d'avoir fait les bons choix, je ne suis pas certaine de savoir pour quelle raison je suis là.
Mais après tout, en repassant à travers quelques uns de ces messages et en regardant mes photos, je me dis que peut être bien que ça en vaut la peine. Peut-être bien qu'il y a de bonnes raisons et que c'est celles-ci qui me font tenir. Au final, c'est pas mal d'avoir un blog pour les moments de doutes, histoire de se rappeler pourquoi on est là.
samedi 10 octobre
Bien arrivée!
Il y a des bébés qui se sont tellement fait attendre que leur arrivée ne peut être qu'un immense soulagement!
Alors bienvenue au monde petite Stessy et je souhaite bon courage à tes parents Chrystèle et Gilles!
Bises à vous tous
samedi 05 septembre
Nouvelles photos
Juste pour l'annonce, vous trouverez plein de nouveaux portraits dans l'album "Visages du Monde". Mais je vous invite surtout à aller faire un tour sur le Carnet de route car j'ai remplumer quelques uns des albums photos, notamment les minorités ethniques et les paysages de Moc Chau et Son La mais aussi, la cuisine Vietnamienne, quelques portraits, la Baie d'Halong terrestre et j'en passe!
Bonne visite!
dimanche 19 juillet
Macau et Hong Kong
Le 14 juillet est finalement passé et à l’heure où, sans doute, les expatriés français de toute l’Asie du Sud- Est écoutaient avec attention le discours de leur ambassadeur, mes compagnons de voyage et moi-même étions quelque part sur mer ou dans les airs entre Hong Kong et Bangkok.
Bon vous vous demandez sans doute pourquoi je dis ça. A vrai dire, sans raison particulière. Juste pour dire que cette année, nous n’avons pas été très patriotes. Au lieu de profiter des petits fours de l’ambassade, nous avons choisi un weekend prolongé au cœur de l’océan de béton et de verre qu’est Hong Kong. J’y étais passé il y a deux ans, en quelques heures d’escale. Cette fois-ci, j’ai eu le loisir de profiter pleinement de cette ville et de sa voisine portugaise.
Le trajet a été complexe : vendredi soir, départ d’Hanoi pour les 6 français et le vietnamien de la troupe, arrivée Bangkok 23h et quelques, hôtel à BKK, puis avion tôt le matin du samedi, atterrissage à Macau. Samedi soir à Macau, dimanche midi : départ en bateau pour Hong Kong, arrivée à Hong Kong, deux nuit sur place. Mardi soir (soit le 14), départ de Hong Kong en bateau à 19h, arrivée à Macau, direction l’aéroport, vol à 21h30, arrivée BKK à minuit passé. Mercredi matin, réveil à BKK à 4h30 pour prendre l’avion de 6h30 et atterrir à Hanoi à 8h30. Pfiouh ! Enfin entre temps, nous avons visité Macau, la péninsule portugaise de la Chine, devenue le Las Vegas de l’Asie du Sud Est et Hong Kong avec ses tours qui feraient envie à celles de New York ou de la City londonienne.
Durant ces quelques jours, nous avons déambulé à la suite de Baptiste, nommé guide officiel, dans les différents quartiers, observé les vues surprenantes et profité du bourdonnement citadin de ces deux villes au delà du réel, aussi éloignées de la Chine que de leurs anciens colonisateurs.
Macau est une ville étrange. A première vue, plutôt moche, avec des buildings sans atours, des casinos kitchs et un port peu attrayant. Mais Macau a gardé des vieux quartiers. Des bâtiments au charme méditerranéen, ancienne architecture portugaise, qui se mêlent étrangement aux caractères chinois et aux boutiques remplis de friandises asiatiques bizarres. Macau est un curieux mélange de cultures si éloignées qu’elles sembleraient ne jamais pouvoir coexister. Pourtant, elles le font. Les panneaux chinois sont toujours traduits en portugais et les deux langues se fondent habilement dans le paysage.
Le soir, la ville oublie ses petites places pavées et ses bâtiments aux couleurs pastels pour se tourner toute entière vers les casinos étincelants de mille néons colorés. Exposition de luxe et d’argent, les billets passent et circulent sur des tables bourdonnantes. L’ambiance des casinos de Macau m’a déçue, loin de l’aspect feutré et classieux auquel je m’attendais. Pourtant, les tables sont pleines, les joueurs se succèdent, dépensent, gagnent parfois, perdent souvent et relancent sans arrêt de nouvelles parties. Les rues par contre, semblent désertées, si calmes comparé à cette ambiance lumineuse saturée de couleurs… Décidément étrange.
Pour les curieux, notre tentation envers le jeu a rapidement été mise à mal au vu des mises minimales à mettre. Nous avons tout de même été trois à tenter notre chance à la roulette, sans grand succès, à part de faire rire la croupière (je ne suis même pas certaine que c’est le bon terme !) pendant 5 minutes.
La traversée en bateau de Macau à Hong Kong dure une heure. Elle m’a paru interminable. Je ne suis pas si souvent malade en bateau, mais je crois que la couleur de mon visage en descendant avait de quoi faire rougir une aspirine de jalousie.
Nam, notre ami vietnamien, a été encore moins chanceux car après une première traversée difficile, il a malheureusement dû repartir en sens inverse, ne pouvant pas passer la frontière. Les lois Hong Kongaises concernant les vietnamiens sont en effet particulièrement dures et bizarres. Nam a finalement pu nous rejoindre le lendemain soir en retournant à BKK pour arriver à HK par avion !
Enfin nous voici à Hong Kong. Les bons plans de Ronan nous ayant permis d’avoir une chambre d’hôtel grand luxe au prix d’une auberge de jeunesse, le séjour commence bien ! La visite incontournable au Victoria Peak avec son tram en pente à 45° nous a permis, pour ce premier soir, de voir la ville dans son ensemble étaler ses immenses tours de verre à nos pieds. Puis, nous avons fini dans un restaurant aussi intrigant que bon, dans une de ces ruelles pavées et sinueuses.
Le second jour, nous avons cédé aux caprices shopping de tout le monde pour dépenser sans compter aux soldes de divers grands magasins introuvables au Vietnam. L’après midi sur l’île de Kowloon nous a permis de découvrir les quartiers plus populaires et les marchés grouillants entre les rues débordant d’enseignes multicolores. La ville nous a offert ce soir là son traditionnel spectacle des lumières sur quelques unes de ses plus belles tours.
Nous avons terminé le dernier jour par une visite au quartier de Soho avec le plus grand escalator du monde. Entre nous un peu décevant, ce n’est en fait qu’une suite interminable de petits escalators ! Le quartier de Soho, très cosmopolite et rempli de petits restaurants et boutiques de toutes sortes, m’a rappelé Paris. Un petit passage dans le hall de l’hôtel Peninsula nous a permis de constater que le rêve colonial n’était pas si loin…
Enfin nous avons repris le bateau, éreintés. Heureusement, le retour était bien plus calme et mon estomac a, cette fois-ci, bien voulu rester en place.
Au final, mon impression de Hong Kong n’a pas beaucoup changé depuis ma première visite en 2007. Cette ville, pourtant peu étendue, ne me paraît pas à taille humaine. L’immensité des tours qui cachent en partie le ciel est terrifiante autant qu’impressionnante. J’ai adoré m’y promener, observer cette ville grouillante d’une économie galopante malgré tout ; imaginer que cet endroit appartient aujourd’hui à la Chine communiste me dépasse. Il n’y a rien de communiste à Hong Kong ! Néanmoins, je ne crois pas que j’aimerai y vivre. Trop grand et trop oppressant pour moi. L’immensité et la modernité ne sont pas faites pour moi. Si j’ai trouvé la vue sur HK ébouriffante, je crois que je préfère la vue sur les montagnes que m’offre ma maison.
Enfin HK restera tout de même un très bon souvenir. Les villes comme celle-ci vibrent d’une énergie constante et sans cesse renouvelée. Une sorte de frénésie qui vous prend et vous emporte dans les tourbillons de la vie citadine. A Hong Kong, rien ne s’arrête vraiment, tout est en mouvement constant, de plus en plus vite, de plus en plus haut, de plus en plus beau. Se peut-il qu’un jour tout s’arrête ?
mercredi 10 juin
Je ne suis pas écolo, mais...
Histoire de rester dans la veine du message précédent, j'aimerais faire partager quelques commentaires sur le même thème.
Je ne suis pas "écolo", du moins je ne me considère pas comme tel. Je n'ai jamais arrêté de prendre l'avion, j'utilise de l'énergie et de l'eau tant que j'en ai besoin, je vis dans mon confort d'aujourd'hui sans regretter une seule seconde l'époque où on s'éclairait à la bougie. Je ne crois pas à l'agriculture bio, je n'utilise pas que des produits non polluants, alors non, je ne suis pas "écolo". Et je n'ai aucune honte à le reconnaître.
Par contre, j'essaie de batailler à mon échelle contre les aberrations de notre modernité. Pourquoi mettre la climatisation à 20°C dans un bâtiment lorsqu'il fait 40°C dehors? Pourquoi laver sa voiture à grandes eaux alors que les cultures de blé se dessèchent? Pourquoi jeter des millier de tonnes de papier qui ne sont imprimés que d'un côté? Je ne refuse pas mon confort, mais j'accepte de laisser mon corps s'habituer à la chaleur et supporter de vivre avec. Je ne refuse pas mon confort mais j'empile des pulls au lieu de chauffer mon appartement à 25°C l'hiver. Je ne me refuse pas le plaisir de manger mais pourquoi consommer de la viande à chaque repas alors que je n'en ai pas besoin? J'aime avoir des fruits et légumes en toute saison, mais les fraises et les tomates "d'hiver" sont si chères et si insipides.
J'ai pas mal voyagé à travers le monde, j'ai vu beaucoup d'aspects de notre planète, des déserts de l'Australie aux forêts équatoriales de l'Ouganda, de la savane Ethiopienne aux lacs gelés du Québec, de l'océan Pacifique aux montagnes de l'Indochine. J'ai vu beaucoup d'aberrations créées par l'Homme et que je ne comprends pas. Mais j'ai vu aussi que la planète sait se défendre. Je sais que des mécanismes d'équilibre existent et que la terre peut se régénérer. Je sais aussi qu'elle finira par trouver la façon de survivre à toutes nos aberrations. La question est: sommes-nous prêt à en payer le prix? Car oui, tout à un prix dans ce monde, c'est une question d'équilibre. Aujourd'hui, nous exploitons et détruisons à outrance. Et nous n'entrevoyons que partiellement la facture que la planète va finalement nous faire payer. Le prix à payer, nous le savons, sera une augmentation des catastrophes naturelles, la restriction de nos ressources, et la dégradation de notre confort de vie. Jusqu'où cela ira-t-il? Nous n'en savons rien. Nous ne savons pas combien d'entre nous devront mourir pour rétablir l'équilibre, ni comment s'en sortiront ceux qui resteront.
Tout ça pour dire que je crois qu'il est trop tard pour faire marche arrière. L'humanité toute entière n'acceptera jamais de renoncer au confort qu'elle a durement acquis, malgré ce que cela lui coûtera. Mais peut-être, je dis bien peut-être, que ce n'est pas la peine d'exagérer. Il y a une marge immense entre vivre uniquement avec ce dont nous avons besoin et ne rien se refuser. Peut-être que si chacun trouvait le juste milieu entre les deux, la facture que la terre nous prépare serait un peu moins salée...
HOME
Je viens de regarder le film HOME, de Yann Arthus-Bertrand, disponible sur YouTube jusqu'au 14 juin: http://www.youtube.com/homeprojectfr.
J'ai vu, entendu, lu beaucoup de commentaires sur ce film et son auteur avant de le voir. Beaucoup critiquent. Beaucoup disent que c'est trop, que les commentaires ne sont pas toujours fondés, qu'il y a des aberrations, que c'est bien joli de se jouer écolo quand on fait des films à bord d'un hélicoptère, etc...
Eh bien moi je dis que c'est facile de critiquer. Qu'est ce qu'on juge? La personne? Ses idéaux? Son film? Ses sources d'information? Il est si facile de juger. Je crois qu'avant de critiquer, il faudrait se demander quel est l'objectif de ce film? C'est une opération de "marketing écolo" parmi tant d'autres. Alors oui, on en fait trop, on joue sur les symboles, on appuie sur les cordes sensibles, on en met plein la vue et plein les oreilles pour en tirer une mélodie qui fait mal. Et alors?
Il faudrait arrêter de se voiler la face, "écologie" et "marketing" vont ensemble, ce ne sont pas des concepts antagonistes. Ce genre de film n'est qu'un moyen de toucher les gens. Vous en ferez ce que vous voudrez, vous aurez beau avoir toute la culture possible, vous aurez beau savoir qu'il ne faut pas prendre tout ce qu'on vous dit pour argent comptant, vous ne pouvez pas rester insensibles aux images et aux sons, votre inconscient ne peut pas.
Ce film joue sur ce qu'il y a au fond de nous, sur du ressenti, pas sur ce qui est fondé ou vrai, ou je ne sais quoi d'autre. ça ne changera pas grand chose, évidemment. Qui changera vraiment ses habitudes après l'avoir regardé? Trop peu de gens je suppose. Mais il existe encore trop de gens sur cette terre qui n'ont pas conscience du risque qu'ils encourent.
Parce que la question n'est pas de savoir si la planète survivra à l'Homme. La question est de savoir combien de temps l'Homme survivra à ce qu'il fait subir à la planète. Ne vous battez pas pour les bébés phoques en Aklaska, battez-vous pour vous-même. Et je trouve que le message transmis par ce film va plutôt bien dans ce sens.
Donc à tout ceux qui ne trouve que critique à faire: que faites- vous, à votre échelle, pour que le monde change?
vendredi 05 juin
Relooking
Une fois n'est pas coutume, j'ai décidé de relooker mon blog!
Le voilà donc tout beau tout neuf avec même un nouveau bandeau bien coloré.
J'espère qu'il vous plaira ainsi...
samedi 09 mai
Visages du Monde
Encore une de ces petites choses que je voulais faire depuis longtemps. Je viens de créer un album photo "Visages du Monde", histoire de mettre en ligne un échantillons des multitudes de portraits qui font le monde dans lequel je vis. Beaucoup de photographes différents dans cette série de photos, il m'est donc impossible de tous les nommer . Mais c'est une belle galerie qui ne demande qu'à être complétée!
Angkor ... et toujours
Oui, il m'a fallu quelques jours de réflexion pour enfin me trouver prête et disponible pour vous parler d'Angkor. Il y a des noms comme ça qui font rêver. Des lieux à la magie si puissante que seule la sonorité de leur nom fait flamber l'imaginaire. Angkor est de ceux-là. Mais comme tous les lieux qu'on a rêvés, on ne sait jamais si la réalité sera à la hauteur de ce que notre imagination avait créé. Eh bien Angkor ne m'a pas déçue! Angkor possède toujours l'immensité et la beauté qui a fait de ce site une des merveilles du monde.
Donc pour revenir au fil de notre histoire, Vincent, Céline, Pierre-Emmanuel et moi-même avons quitté Phnom Penh le mercredi midi en bus. Nous avons voyagé avec les "Mekong Express Limousines" rien que ça! Alors ne vous y trompez pas, il s'agit seulement de bus climatisés! Le voyage est long jusqu'à Siem Reap: 6h, le temps de s'ennuyer et de saturer de la musique "karaoké" cambodgienne qui passe à la télé! Le plus dur fût finalement la pause car après 15 minutes pour se dégourdir les jambes, nous sommes remontés dans un bus brûlant qui a refusé de redémarrer! Plus de batterie... Il a fallu nous brancher sur un autre bus avec des câbles trop courts, bref... nous sommes repartis après 40 minutes de chaleur intense.
A Siem Reap, j'avais réservé, sur conseils, un charmant petit hôtel (Ombrelles & Kimono pour les intéressés), où la propriétaire française m'avait fait une offre très intéressante après avoir lu mon blog! Dés notre arrivée, nous n'avons pas été déçus! L'hôtel a été aménagé dans une jolie maison avec piscine au centre et décoré avec beaucoup de goût. Nous avons notamment apprécié le sens du détail qui était mis dans le décor. En plus, comme nous étions les seuls clients, nous nous sommes vraiment sentis comme chez nous! N'étant pas habitués aux hôtels si haut de gamme, nous étions aux anges! Après nos 6h de bus, la piscine fût très bienvenue. Puis nous avons retrouvé de nouvelles connaissances: Ronan et Hanne, des amis de mon colloc Edouard, pour un dîner Khmer au bord du canal.
Le lendemain matin, c'est le grand jour: nous allons voir Angkor! Je dois l'avouer, l'idée de me rendre sur ce site mythique me titillait depuis le début du séjour. Deux tuk-tuk pour nous emmener, nos pass avec photos achetés, nous sommes partis pour Angkor Wat, le temple immense, le plus connu, à l'entrée de la cité d'Angkor... Le lieu est immense, rempli de touristes mais pétri de mystère et de grandeur. La jungle ne lui a pas tout pris et les Khmer Rouges non plus. La visite s'est faite sous une chaleur étouffante mais nous avons bien observé les différents recoins de ce chef-d'oeuvre! En atteignant l'enceinte extérieure, derrière, nous avons même eu le spectacle d'une bande de singes pas du tout effrayés par tous ces touristes!
Nous avons ensuite poursuivi par Angkor Thom, le coeur de la cité avec le Bayon, le Baphuon, la terrasse des éléphants et celle du roi lépreux. Si ce côté là est moins bien conservé qu'Angkor Wat, il n'en est pas moins impressionnant. L'immensité de ce lieu rappelle celle de l'empire Khmer. C'est d'ailleurs assez déchirant de constater ces richesses anciennes et la grandeur d'un empire disparu dans un pays que la misère et la guerre ont laissé exsangue.
Notre visite a été notamment ponctuée par une menace grandissante d'orage qui ne s'est finalement concrétisée qu'une fois que nous étions revenus sur les tuk-tuk. Ceci dit, le vent d'orage a bien failli provoquer un accident: sans le hurlement bienvenu d'un gamin Khmer, je me prenais une grosse branche sur la tête. Rien de dramatique mais j'aurais eu très mal!
Après cette visite, obligatoire vu que ce sont les lieux les plus connus de tous le site d'Angkor, nous nous sommes rendus à Ta Phrom. Ce temple est tout aussi connu que les précédents mais pas pour les mêmes raisons... Ta Phrom est le temple d'Angkor pour lequel les conservateurs ont choisi de laisser faire la nature. Livré à la jungle, Ta Phrom est un lieu magique et mystérieux qui semble tout droit sorti d'un Indiana Jones. J'ai éprouvé un sentiment mitigé et très contradictoire en visitant ce temple. D'un côté, Ta Phrom est sans doute celui qui m'a le plus plu, il est le symbole même d'Angkor tel qu'on l'imagine, les pierres et la jungle ne formant plus qu'un ensemble intimement lié. Mais d'un autre côté, mon coeur ne peut s'empêcher de se serrer en se disant que la jungle finira par le dévorer entièrement et qu'il n'en restera peut être plus rien un jour... Si les premiers temples peuvent impressionner par la puissance du désir des hommes de bâtir, Ta phrom rappelle que quelque soit notre folie des grandeurs, la nature possède toujours plus fort... A Ta Phrom, des pans entiers de mur sont lentement mais sûrement avalés par les racines des fromagers et des ficus qui s'étendent dans chaque fissure... tentaculaires et sans pitié... Par endroit, les racines elles-mêmes deviennent pierres et se fondent avec le reste du temple.
Le lendemain, nos Tuk-tuk nous ont emmenés un peu plus loin à Kbal Spean, la rivière au milles lingas. Ce fût une belle et reposante ballade au milieu d'une forêt impressionnante peuplée de papillons multicolores. Le tout pour atteindre la rivière dans le lit de laquelle on trouve de nombreuses gravures sacrées. Nous avons terminé la visite au centre de préservation de la faune qui garde en son seing de nombreuses espèces d'oiseaux, singes, primates, rongeurs, serpents, etc... Intéressant et instructif. J'étais néanmoins déçue de ce choix. Nous avions fait 2h de Tuk-Tuk et si la ballade était jolie et sympathique, j'ai eu la sensation désagréable d'avoir perdu une demi-journée de mon aventure Angkorienne. J'aurai largement préféré voir un autre temple. Fort heureusement, celui que nous avons vu en fin de journée rattrapait bien ce manquement...
Sur le retour, nous avons de nouveau eu notre petite aventure des transports: la roue d'un des tuk-tuk a explosé, laissant un trou béant dans le pneu! Ni une ni deux, ça a été réparé à toute vitesse dans un petit garage qui avait pour attraction un étrange oiseau capable d'imiter à la perfection la sonnerie du téléphone!
Nous avons ensuite atteint le temple Bentey Srei, aussi appelé la Citadelle des femmes. Et celui-ci est un véritable bijou! Le Bentey Srei est construit de grès rose qui prend une couleur surnaturelle avec la lumière de fin de journée. Il est entièrement sculpté avec une finesse impressionnante. Les colonnes et les linteaux de porte semblent taillés dans la dentelle et sont admirablement conservés. Une vraie merveille.
Finalement, j'ai aussi réussi à convaincre au moins une partie de mes acolytes pour un réveil à l'aurore le samedi matin afin d'aller observer le levé du soleil sur Angkor Wat. Nous avons donc quitté l'hôtel à 4h30 pour arriver encore dans l'obscurité devant la grande allée qui traverse les douves. Les premiers rayons du soleil, un peu timides, n'ont pas donné grand chose sur les photos mais peu à peu, la vue est devenue digne d'une carte postale.
Nous étions loin d'être seuls pour la photo mythique et le petit tour que nous avons fait vers l'intérieur du temple, loin de la foule possédait à lui seul bien plus de charme que le reste. J'ai longuement apprécié les jeux de la lumière de l'aube et le silence du matin entre les tours d'Anglor Wat. Nous avons quand même fait comme tout le monde, nous avons pris des dizaines de photos de cette vue splendide. L'Aurore donne toujours une dimension encore plus merveilleuse aux chefs d'oeuvre des hommes comme à ceux de la nature. Ce matin là, le soleil a aussi salué la naissance d'un petit veau au coeur du parc d'Angkor Wat. La vie continue...
C'est finalement les yeux pétillants et le coeur un peu serré que je suis repartie vers PhnomPenh vers midi. La semaine au Cambodge touchait à sa fin et je suis revenue à Hanoi le dimanche, des rêves pleins la tête.
mardi 05 mai
Le Cambodge - Phnom Penh et les Khmer Rouges
Me voilà du retour du Cambodge après une semaine bien remplie et bien chaude! Une fois n'est pas coutume, je vous ai mis les photos avant le texte! Du Cambodge, j'ai vu Phnom Penh et Angkor, je vais donc vous mettre deux messages (si si petits veinards!).
Je suis arrivée à Phnom Penh le dimanche 26 vers midi. J'ai alors pu retrouver des anciennes collocs du Vietnam: Aurélia et Julie! ça commence à remonter assez loin mais la colloc ça a aussi des bons côtés: on rencontre des gens avec qui on a envie de rester en contact! Donc c'était bien chouette de les revoir. ça m'a aussi permis d'en savoir un peu plus sur ce pays puisqu'elles y travaillent toutes les deux dans le développement agricole. En effet, comme il me semble l'avoir déjà mentionné, observer l'agriculture vous en apprend beaucoup sur un pays...
A Phnom Penh, je me suis bien baladée. J'ai commencé par un petit tour dans une foire artisanale (commerce équitable) le dimanche après-midi, et j'ai pu commencer mes réserves de "petits-cadeaux-à-rapporter-en-France". Lundi, j'ai déambulé dans les rues, visité quelques boutiques, préparé la suite du séjour (hôtel, bus...) et admiré quelques pagodes. Le midi, les filles et moi sommes allées dans leur "cantine" Khmer histoire de manger bien local et pas cher. Cuisine correcte, proche de la cuisine viet avec un peu plus de lait de coco et de piment (histoire de se rapprocher de la cuisine Thai!). Par contre, le feuilleton du jour jouait à fond à la télé (rien d'étonnant jusque là) et l'héroine revivait en rêve un viol, pas très appétissant! Mes premières impressions (message précédent) ont été confirmées. La ville est en plein développement, notamment touristique mais on sent qu'une part importante de la population reste à la traîne. Une misère bien plus présente et visible qu'au Vietnam et qui contraste avec les pagodes au toit doré et les voitures de luxe dernier modèle.
Mardi matin, je me suis mise en jambes avec une rapide visite au musée National dont le bâtiment est une belle oeuvre. A l'intérieur, des statues et objets divers retrouvés à Angkor. Je crois que la visite aurait bien mérité un guide car le musée manque de panneaux explicatifs. La visite est aussi particulièrement intéressante pour les jardins et les petits bassins couverts de Lotus. Ensuite, direction l'aéroport en Tuk-Tuk pour récupérer mes visiteurs: Céline, Vincent et Pierre-Emmanuel, fraîchement débarqués de France! Le retour jusqu'à l'hôtel en tuk tuk, à 4 avec les bagages, était un peu sportif mais très local!
En vacances, pas de temps à perdre! A midi, petit dèj-repas et direction le Palais Royal. Dans le palais en lui-même, il n'y a pas grand chose ouvert à la visite mais les bâtiments sont élégants et rappellent inévitablement la Thailande et, dans une moindre mesure, le Laos. Ce qui m'a le plus marqué dans cette visite? Les jeunes bonzes en robe avec leurs appareils photos numériques en pleine visite touristique :). Et cette phrase surprenante dans le Guide du Routard: "Le pavillon Napoléon III [...] fût construit pour accueillir l'impératrice Eugénie lors de l'inauguration du canal de Suez." Nous avons eu beau chercher dans notre mémoire de l'histoire, nous n'avons pas trouvé le lien entre Phnom Penh et le canal de Suez...
Juste à côté du Palais, nous avons aussi admiré la Pagode d'Argent, joliment ouvragée et dont la cour est remplie de plantes exotiques en pot, multipliant ainsi les textures et les couleurs. Les asperseurs mis en route en milieu d'après-midi ont d'ailleurs bien rafraîchi les touristes que nous étions! La soirée fût courte et française (saucisson, fromage et vin !).
Mercredi matin, nous nous sommes extirpés du lit, déjà assomés par la chaleur, pour nous rendre à une visite culturelle pas très plaisante: la prison de Tuol Sleng, ou musée du crime génocidaire. Je crois toujours qu'il est important de connaitre les réalités de l'histoire d'un pays lorsqu'on le visite, c'est pourquoi j'ai insisté pour visiter Tuol Sleng, malgré les commentaires peu engageants des guides ("La visite est proche du cauchemar" par exemple). Pour être honnête, le musée a eu moins d'impact sur moi que le camp de concentration du Struthof que j'avais visité il y a pas mal d'années. Je suis plus âgée sans doute. Et peut-être aussi parce que je n'avais pas un survivant à mes côté pour me raconter les horreurs qu'il y avait vécu... Néanmoins, Tuol Sleng met mal à l'aise. Les dates sont si proches (1975-1979), les tâches de sang encore si rouges et les textes si incroyablement atroces... L'époque des Khmer rouges semble maintenant loin du Cambodge tel qu'il est aujourd'hui, mais on ne peut pas rester indifférent en voyant ces centaines de photos des victimes et des tortionnaires. De Tuol Sleng, seuls 7 survivants sont sortis. Des gens qui ont aujourd'hui à peine une soixantaine d'années. On ne peut ensuite s'empêcher de réaliser que tout ceux qui ont plus de 40 ans dans ce pays, ont connu le régime Khmer rouge... Il a été écrit que proportionnellement, le génocide du peuple Khmer a été plus important en nombre que celui perpétré par les Nazis.
Donc oui le Cambodge couve un grand nombre de merveilles, notamment la cité d'Angkor, dont je vous parlerai plus longuement dans le prochain message, mais aussi de longues plaines baignées de rizières, des pagodes aux toits d'or et aux sols d'argent et des sourires énigmatiques qui ne révèlent que partiellement les secrets de la civilisation Khmer. Mais le Cambodge panse encore les immenses blessures que quelques uns des siens lui ont fait. Le procès des Khmer rouges arrivera-t-il enfin un jour? Permettra-t-il aux milliers de familles décimées, de mutilés et d'orphelins de tourner la page? Je n'en sais rien. Il est toujours difficile de réconcilier deux peuples ennemis, mais comment réconcilier un peuple avec lui-même? Pas facile...


















